Stratégie d’adaptation 5

Définir des indicateurs de rendement clés et rassembler des données

Une évaluation quantitative et appuyée par des données offre une image claire et objective du rendement de base et de l’efficacité attendue des mesures, en plus de constituer un moyen de suivre les progrès en matière d’adaptation climatique, et les résultats et les avantages pour la collectivité. Il faut tout d’abord choisir de bons indicateurs de rendement clés (IRC) qui répondent à des objectifs précis, puis obtenir les outils et les données nécessaires et former le personnel sur leur utilisation. Les collectivités pourront ainsi évaluer si les buts et objectifs qu’elles s’étaient fixés sont atteints ou non. Les IRC les aideront en plus à repérer les problèmes rencontrés puis à créer des solutions.
Voici une liste d’indicateurs potentiels pour surveiller le rendement des solutions d’adaptation mises en place :

  • Émissions de carbone moyennes pour le chauffage, la climatisation et les transports, par nouveau bâtiment
  • Le nombre d’ensembles résidentiels et commerciaux permis dans les zones inondables ou les zones côtières vulnérables
  • La moyenne des surfaces perméables et non perméables dans les aménagements autorisés
  • Total de l’approvisionnement en énergie renouvelable ou en électricité (énergie ou électricité fournie)

Pour pouvoir quantifier les risques, il est nécessaire d’avoir un ensemble de données de référence sur le rendement des actifs, à partir duquel les effets des changements climatiques pourront être comparés. Une compréhension approfondie de la façon dont les facteurs climatiques locaux affecteront ce rendement à l’avenir est également requise. Les données peuvent provenir, entre autres, de base de données internes, provinciales, fédérales et en ligne, de sondages et consultations auprès des parties prenantes et d’autres ressources en ligne.

Exemples d’indicateurs de rendement clés

Les indicateurs de rendement clés (IRC) sont souvent utilisés pour faire le suivi et l’évaluation du rendement. Ce processus doit avoir lieu pour permettre aux collectivités d’évaluer si les buts et objectifs préétablis par la municipalité ont été atteints et pour cerner les problèmes rencontrés et trouver des solutions. Trois critères devraient être pris en compte pour les IRC : ils doivent être mesurables; le niveau d’effort nécessaire pour en faire le suivi devrait être raisonnable; leur suivi devrait pouvoir se faire de manière rentable. Voici quelques exemples d’IRC axés sur l’adaptation :

  • Le nombre d’ensembles résidentiels et commerciaux permis dans les zones inondables ou les zones côtières vulnérables
  • La moyenne des surfaces perméables et non perméables dans les aménagements autorisés
  • Le total de l’approvisionnement en énergie renouvelable ou en électricité (énergie ou électricité fournie); le nombre d’actifs dotés de système de secours
  • Durée moyenne des déplacements intérieurs/transports de marchandises; distance totale parcourue par personne/véhicule par année
  • Consommation moyenne d’eau à l’intérieur et l’extérieur par personne, par ménage ou par hectare
  • Augmentation ou diminution moyenne des espaces verts et du nombre d’arbres
  • Nombre de personnes à l’extérieur à distance de marche d’un lieu d’accueil climatisé
  • Nombre de bris d’aqueduc
  • Nombre d’appels au 311 pour cause d’inondation

Évaluation des besoins techniques et analyse des lacunes

Après avoir déterminé les indicateurs de rendement clés (IRC), les données devront être consignées et gérées pour assurer un suivi continu du rendement. Cette tâche peut être accomplie à l’aide d’un système d’information interne ou déléguée à un cabinet d’experts-conseils. La complexité de la gestion des données d’une municipalité dépendra de sa taille, de ses ressources et de la vulnérabilité de ses actifs aux changements climatiques. L’analyse des besoins techniques permet de trouver les technologies disponibles, d’analyser leurs capacités par secteur et d’évaluer les solutions possibles en fonction de leur adéquation aux besoins de la municipalité. Cette évaluation comprend les étapes suivantes :

  • Trouver et classer les technologies/mesures pour l’atténuation des risques et l’adaptation aux changements climatiques
    • Cerner les technologies qui pourraient être une option pour les secteurs ou sous-secteurs prioritaires, allant des bases de données et réseaux en ligne à la documentation du pays
    • Se familiariser aux technologies par l’entremise de visites pédagogiques, de présentations d’experts et de projets de démonstration
    • Établir une longue liste de technologies à évaluer
  • Évaluer les technologies par une analyse multicritères
    • Déterminer le cadre d’évaluation, y compris les critères d’évaluation
    • Évaluer les technologies en fonction des critères suivants :
      • Leur apport aux objectifs de développement
      • Leur potentiel de réduction des émissions de GES ou de la vulnérabilité
      • Leurs coûts et avantages
    • Utiliser l’outil TNAssess (en anglais seulement) ou un outil similaire pour produire une évaluation avec une note globale pondérée de chaque technologie
  • Prendre une décision définitive
    • Examiner les résultats de l’évaluation
    • Mener une analyse de sensibilité des résultats de l’évaluation et discuter des décisions concernant la pondération
    • Établir l’ordre de priorité des technologies pour chaque secteur ou sous-secteur

L’analyse des besoins techniques peut aussi inclure une analyse des lacunes afin de détecter ces dernières tôt dans le processus.

Études de cas

Étude de cas

L’analyse de l’environnement et des lacunes en matière d’adaptation aux changements climatiques de Metro Vancouver

La grande région métropolitaine de Vancouver (Metro Vancouver) a réalisé une analyse de l’environnement et des lacunes en matière d’adaptation aux changements climatiques (en anglais seulement) qui a permis de constater que « pour ce qui est des sources d’information utilisées par les participants au projet pour l’évaluation et la planification relatives aux changements climatiques, les plus fiables étaient les documents et les directives provinciales. Étant donné les directives émises par la province en matière de gestion des risques d’inondation et d’élévation du niveau de la mer, il pourrait être pertinent que la province fournisse des directives dans des domaines connexes, tels que l’adaptation aux changements climatiques ou la gestion des risques liés aux changements climatiques. » Par ailleurs, « les études propres à ce projet indiquent que les lacunes sur le plan de l’adaptation aux changements climatiques concernent la santé, le manque de soutien aux petites municipalités ayant moins de ressources, la sensibilisation de la population et le financement récurrent des programmes. Selon les résultats de nos travaux précédents sur l’adaptation aux changements climatiques en Colombie-Britannique et au Canada, deux autres lacunes importantes ont été relevées concernant la région métropolitaine de Vancouver : le manque de cartes récentes des plaines inondables et les questions d’assurance. » Le partenariat avec des établissements d’enseignement supérieur qui se penchent sur l’adaptation est également une méthode efficace pour combler le manque de données; cette approche requiert peu ou pas d’argent, en plus d’offrir aux étudiants une occasion de travailler sur des études de cas réels dans le domaine des services publics.