Stratégie d’adaptation 3

Consulter les parties prenantes des secteurs public et privé

Formulez des solutions d’adaptation pour surmonter les effets des changements climatiques. Ces solutions, qui sont le reflet de la vision, des buts et des objectifs précédemment établis, doivent être classées en deux catégories : court et long terme.
Les solutions d’adaptation intègrent un large éventail de mesures ou d’activités et impliqueront probablement une combinaison des éléments suivants :

  • Modifier les politiques, les plans, les pratiques et les procédures
  • Adopter un calendrier stratégique (p. ex. faire coïncider les projets de planification et les mesures avec les périodes d’actualisation des politiques ou de mise à jour des stratégies de croissance)
  • Moderniser les infrastructures ou en construire de nouvelles
  • Mieux sensibiliser et informer la population
  • Diversifier les options, comme la création de mesures de protection contre les effets des changements climatiques
  • Veiller à ce que tous les aspects des services à la collectivité soient pris en compte
  • Prendre en compte les infrastructures régionales et du secteur public, les processus de planification, les stratégies régionales de croissance et de la santé des écosystèmes.

« Un processus inclusif met l’accent sur le besoin d’une consultation élargie et de la prise en compte d’un grand nombre de points de vue, de manière à susciter un sentiment d’appartenance collectif et une vision commune qui renforceront la résilience de la ville » [trad.] - City of Edmonton’s Climate Resilient Plan (en anglais seulement)

Une collectivité locale peut amorcer la planification de mesures d’adaptation pour plusieurs raisons. Certaines collectivités sont incitées à le faire en raison d’un événement, comme une inondation ou un feu de forêt qui survient, est survenu ou qui est anticipé, tandis que d’autres collectivités peuvent avoir toujours agi de manière proactive et misent sur ce qui a déjà été accompli pour planifier les mesures d’adaptation. Les efforts en matière d’adaptation seront guidés conjointement par des facteurs comme la volonté politique, les ressources financières, l’action du personnel et le soutien des citoyens et citoyennes.

Identification des parties prenantes

Pour lancer la planification des mesures d’adaptation aux changements climatiques, établir une liste des possibles parties prenantes, former une équipe d’adaptation aux changements climatiques, désigner un ambassadeur de projet, et définir les plans et les mesures envisagés par la municipalité.

La participation d’une variété de parties prenantes est une condition nécessaire pour garantir le soutien élargi à la mise en place des mesures d’adaptation. Ainsi, les autorités de conservation de l’Ontario jouent un rôle de premier plan dans la gestion des eaux d’inondation fluviales. Un bon nombre des contraintes associées à l’adaptation aux changements climatiques peuvent être abordées par l’établissement de relations de travail à l’interne et à l’externe avec les parties prenantes. L’établissement de relations entre les administrations locales, les services publics, les universités, les organisations non gouvernementales, les groupes communautaires et les associations d’entreprises peut aider à rendre plus tangible l’idée de la planification en vue des changements climatiques et de la transformer en activités conjointes concrètes. L’identification des parties prenantes aidera également à mieux cerner les conditions dans lesquelles s’inscrit le plan d’adaptation et à préciser la portée des futures activités ou mesures d’adaptation.

Peu importe l’approche retenue, il faudra s’assurer de prendre en compte les parties prenantes qui peuvent se trouver en périphérie de l’aire de travail immédiate. Au moment d’identifier les futures parties prenantes devant intégrer l’équipe d’adaptation ou qui participeront aux activités de communication et de diffusion ultérieures des points de vue, il importera d’être aussi précis que possible et d’établir très exactement :

  • l’identité des parties concernées à l’interne qui auront la responsabilité de gérer les impacts des changements climatiques sur des éléments comme les infrastructures, les communications publiques, les ressources naturelles, le développement économique et les services d’urgence (ce qui aidera ultérieurement à désigner les futurs membres de l’équipe d’adaptation);
  • les relations actuelles avec des parties prenantes de l’extérieur, en vertu d’une alliance régionale avec des administrations locales, des groupes environnementaux ou communautaires, des universités, des entreprises locales, des associations sectorielles, des assureurs, des services publics, des établissements de recherche scientifique, et d’autres ordres de gouvernement;
  • l’identité de parties prenantes de l’extérieur avec lesquelles il n’y a pas encore de relation, mais dont l’apport pourrait jouer un rôle utile dans le processus d’adaptation de la municipalité.

Optique stratégique et le point sur les retombées

En matière d’adaptation, la consultation et la mobilisation de la collectivité pour la recherche de solutions seront plus importantes que jamais, tout particulièrement compte tenu des compromis qu’il faudra nécessairement consentir.

Le document de l’organisme West Coast Environmental Law intitulé Preparing for Climate Change (en anglais seulement) indique qu’il est important de mettre en place une démarche stratégique, de manière à faciliter la réalisation de processus de consultation communautaire robustes, susceptibles de rendre compréhensibles les fondements scientifiques de l’enjeu climatique aux entreprises, aux ménages, aux particuliers et aux groupes communautaires et de leur permettre de participer à leur mesure à l’élaboration et à la mise en place de stratégies d’adaptation. Par la coopération et la collaboration avec d’autres administrations locales, les gouvernements provinciaux et le gouvernement fédéral, des organismes publics, les Premières Nations et des associations locales, il sera possible de disposer de ressources suffisantes et de la capacité voulue pour évaluer les impacts des changements climatiques et de mettre en place des mesures d’intervention efficaces. Des stratégies de croissance régionale sont adoptées après un processus consultatif exhaustif, au cours duquel tous les efforts raisonnables sont consentis par des commissions régionales et les administrations locales concernées pour dégager un consensus quant à leur contenu. La consultation des citoyens, des Premières Nations, des conseils de district et d’autres ordres de gouvernement s’impose. Il est essentiel de garantir la prise en compte et l’incorporation de leurs points de vue dans la définition des objectifs prioritaires en matière d’adaptation. Par ailleurs, l’adoption de ces stratégies n’exige aucune consultation publique préalable.

Par la présentation des retombées et des résultats anticipés de l’adaptation aux changements climatiques au conseil municipal et aux parties prenantes, il est plus facile de recueillir un soutien et un financement à l’égard des diverses mesures d’adaptation envisagées. Pour préparer cette étape, il convient de cerner les retombées futures des mesures d’adaptation envisagées, et prévoir la communication concise et franche de ces retombées au conseil municipal et aux parties prenantes.

Parmi les retombées possibles de la planification de mesures d’adaptation, il y a notamment :

  • l’assurance contre les risques;
  • la réduction des vulnérabilités;
  • la création d’occasions;
  • des économies à long terme;
  • la réduction des risques.

Il arrivera souvent que les principaux incitatifs à agir soient les avantages et les possibilités connexes, qui découleront de la mise en place d’une mesure particulière. Les stratégies d’avantages connexes visent à créer une situation gagnante sur tous les tableaux, en plus de présenter de nombreux avantages, celles-ci misant souvent sur l’élan du moment et le soutien circonstanciels. Ainsi, une mesure qui offre des avantages connexes pourrait permettre d’atteindre simultanément des buts d’adaptation et d’atténuation, ou offrir la possibilité de réaliser des économies et d’accroître la capacité adaptative à l’échelle locale.

Il peut être avantageux de présenter au préalable les avantages connexes d’une mesure ou d’un plan pour obtenir le soutien de l’ensemble du conseil municipal. Ces avantages connexes sont de fait des stratégies, qui visent à créer une situation gagnante sur tous les tableaux et qui procureront de nombreux avantages.

Études de cas

Étude de cas

Le plan d’adaptation de la ville de Québec

En 2006, la Ville de Québec a décidé de doter son Service de l’environnement d’une stratégie d’adaptation. Cette approche proactive a été retenue dans le but de réduire les coûts et les effets négatifs des changements climatiques sur les activités et les infrastructures de la ville. Pendant l’élaboration du plan, il a été reconnu que les plans de gestion comportaient un grand nombre de mesures qui pouvaient être considérées comme autant de mesures d’adaptation, susceptibles de réduire la vulnérabilité aux changements climatiques. Pendant le processus de planification et de consultation, le personnel a donc été convié à identifier les mesures d’adaptation existantes et futures. Les deux figurent dans le plan d’adaptation final, qui s’est traduit par un engagement du Service de l’environnement de la Ville à examiner les incidences d’un changement climatique sur l’ensemble de ses activités, des projets, des plans et les règlements municipaux. Toutefois, la majorité des mesures d’adaptation qui figuraient dans le plan concernaient le milieu aquatique et l’eau potable de la Ville de Québec, car ce sont des éléments d’infrastructure qui présentaient une grande vulnérabilité.

Étude de cas

La stratégie d’adaptation aux crues côtières de la Ville de Surrey

Au cours de l’élaboration de la stratégie d’adaptation aux crues côtières de la Ville de Surrey (Coastal Flood Adaptation Strategy; CFAS) (en anglais seulement), plus de 2 000 citoyens et 30 organismes ont été consultés par le truchement d’ateliers, de journées d’accueil, de groupes de discussion, de sondages et d’activités de sensibilisation, ce qui a permis d’obtenir plus de 20 lettres d’appui. Cette démarche communautaire a permis à Surrey d’obtenir la subvention la plus importante du gouvernement fédéral (76,7 millions de dollars) au titre du Fonds d’atténuation et d’adaptation en matière de catastrophes. À toutes les étapes du projet, des groupes de parties prenantes ont été formés et consultés, notamment :

  • le comité directeur du CFAS (groupe interministériel formé de représentants de plusieurs ministères);
  • le groupe consultatif du CFAS (regroupement de bénévoles provenant d’organismes et d’agences qui sont les principaux partenaires et les principales parties prenantes);
  • les comités de la Ville de Surrey;
  • la Première Nation Semiahmoo;
  • des organismes de réglementation, des groupes d’aménagement du territoire, des propriétaires d’actifs;
  • le grand public (y compris les regroupements de propriétaires).